Pourquoi jeûner ?


Le jeûne hydrique, le jeûne Buchinger, le jeûne intermittent… Les médias en parlent de plus en plus, les centres de jeûne fleurissent en France. Mais pourquoi se lancerait-on dans cette aventure ?
Quelles seraient nos motivations pour jeûner 16h par jour, 1 jour par semaine, 3 jours consécutifs ou même 1 voire 2 semaines ? Pourquoi se priverait-on de nourriture sur un temps plus ou moins long ?…

Parce que nos ancêtres l’ont fait…

Même si nous avons grandi dans nos sociétés occidentales où la nourriture est abondante, nous gardons cette petite voix intérieure qui nous susurre une réalité : que ce soit à travers une religion, une tradition, ou une période de famine inévitable, de nombreux peuples, dans le monde entier et à travers les âges, ont connu dans leur vie des périodes de jeûne, qu’elles aient été choisies ou subies : une nature aride, la pauvreté, une guerre, une exode, le ramadan, le carême, ou même des stocks de l’hiver épuisés qui ne laissent pas encore place aux récoltes du printemps… 

La physiologie humaine, à cause de son histoire, est plus adaptée à une privation de nourriture qu’à une suralimentation permanente.

Parce que nous mangeons trop…

Dans un objectif  de santé et de longévité, le monde médical s’accorde sur ce point : la frugalité devrait être de rigueur (combinée à une activité physique régulière… cela va sans dire 😉 ).

Cependant, notre monde moderne a changé notre façon de nous alimenter. Nous mangeons des aliments de moindre qualité (élevage et agriculture intensifs, produits industriels ultra-transformés…). Et nous avons donc tendance à manger davantage, à grignoter entre les repas. C’est que nous ne sommes pas réellement « nourris » mais « remplis ». Saisissez-vous cette nuance ? Manger des calories « vides », dépourvues de nutriments essentiels au bon fonctionnement de notre organisme, incite celui-ci à réclamer plus de quantité afin d’en « extraire » ce qui peut nourrir les cellules de notre corps.

Ainsi nous mangeons mal et trop…

Et puis nous mangeons souvent pour de mauvaises raisons. Non pas parce que nous avons vraiment faim, ni même parce que nous voulons donner à notre corps un carburant de qualité (pour qu’il nous serve le mieux possible…). Mais bien par gourmandise, par frustration, par fatigue, par habitude ou parce qu’il ne faut pas sauter de repas !
Le jeûne très court, de 4 à 5h entre chaque repas, n’existe plus non plus. Nous mangeons tout le temps et partout (au travail, dans la voiture, au cinéma, devant la télé…), même s’il s’agit d’une mini-collation (fruit, biscuit, amandes, barre chocolatée…).
Il est donc salutaire, dans cette situation, de mettre pour un temps, notre système digestif au repos. 
Imaginez-vous vouloir une maison toute propre, et des invités affluent du matin au soir, chaque jour, sans interruption… Il en est de même pour cette merveilleuse machine qu’est votre «propre» corps !

Notre organisme à la diète dispose enfin du temps et de l’énergie nécessaire pour se débarrasser de ce qui l’encombre et faire un grand ménage. 

Pour perdre du poids…

Jeûner pour maigrir, pourquoi pas? L’objectif est tout à fait louable.

Les kilos superflus ou le surpoids (voire l’obésité) touchent de plus en plus de personnes. Une mauvaise hygiène alimentaire, une sédentarité et un stress grandissants, favorisent ce phénomène.

Et les bourrelets disgracieux sont moindre mal face aux problèmes de santé que le surpoids peut engendrer : hypertension, diabète, excès de cholestérol, risque cardio-vasculaire…

Eh bien oui, lorsque l’on se prive de nourriture, on perd du poids, c’est une évidence. Et il est même judicieux, lorsque l’on est dans cet objectif, de commencer par un jeûne. 
Néanmoins dans ce cas, le jeûne ne sera que le début de l’aventure, l’amorce, le starter, l’encouragement de départ. Il ne peut être la finalité, car les kilos perdus seront très vite de retour si rien ne change dans vos habitudes une fois le jeûne terminé. 

C’est pourquoi le jeûne doit toujours s’accompagner à postériori d’une réforme alimentaire pour maintenir les bénéfices sur le long terme.
Un centre de jeûne de qualité devrait systématiquement proposer des conseils pour améliorer son hygiène de vie et son assiette après le jeûne.

Pour faire une pause…

Le jeûne peut aussi être une réponse si on est à la recherche d’une retraite, une pause, une mise au point, un retour à soi.
C’est un moment hors de nos temps et espace quotidiens. Il permet un nettoyage en profondeur du corps certes, mais aussi de l’esprit. 
On revient à l’essentiel, on prend soin de soi. On s’éloigne d’une vie qui parfois nous bouscule, nous accule, nous fait perdre pied.
Dans ce rythme effréné que nous impose notre société, retrouvons une respiration, un abandon, un lâcher-prise salvateur, pour repartir ensuite, ressourcé.e et serein.e, vers une vie choisie plutôt que subie.

Pour guérir ?

Le père de la médecine moderne, Hippocrate (460-370 avant J.-C.), prônait le jeûne pour éviter les maladies : « Il faut être modéré en tout, respirer de l’air pur, faire tous les jours de l’exercice physique et soigner ses petits maux par le jeûne… » disait-il. 

Des médecins au cours de l’histoire ont pu constater les effets bénéfiques du jeûne sur la santé. Mais il a été difficile pour eux de le défendre face à une médecine moderne qui valorisait la prise de médicaments sans donner aucun crédit à cette pratique. 

Le docteur Youri Nikolaev a mené des recherches scientifiques approfondies en Russie dans les années 1970, avec les résultats cliniques de nombreux patients, guéris de pathologies psychiques et physiques par le jeûne. (cf « Le jeûne une nouvelle thérapie » de Thierry De Lestrade)
Le jeûne thérapeutique est d’ailleurs aujourd’hui pratiqué dans des cliniques spécialisées en Russie et en Allemagne, notamment. On obtient des résultats, avec parfois la nécessité de faire plusieurs cures, notamment pour des cas de diabète de type 2, d’hypertension artérielle, d’asthme, de pathologies gastro-intestinales… 

Lorsque vous avez de la fièvre, ou la grippe, avez-vous l’envie d’avaler quelque chose ?

Alors pourquoi ne pas écouter lorsque notre corps nous parle ? Laisser ses capacités d’auto-guérison entrer en action ? C’est ce que l’on appelle la sanogénèse, en opposition à la pathogénèse : le corps n’est plus dans un processus pathologique, il retrouve le chemin de la santé, à condition de le laisser faire.

En ce qui concerne le cancer, le jeûne court pourrait être un complément au traitement de chimiothérapie en protégeant les cellules saines et en rendant plus vulnérables les cellules cancéreuses. Le professeur Valter Longo, chercheur et biologiste de l’université de Californie l’a constaté : « Les cellules saines savent très bien s’adapter au jeûne alors que les cellules cancéreuses sont incapables de le faire. » 

C’est vous qui décidez !

C’est vous qui choisissez votre jeûne, qu’il soit court ou long. Et il n’y a que vous qui pouvez savoir si vous êtes prêt à vous lancer.

Cependant quelqu’en soit la raison, la décision de faire un jeûne long n’est jamais anodine et s’inscrit dans un véritable choix conscient qui doit être éclairé et validé par un avis médical si vous souffrez d’une pathologie particulière.

Si vous voulez connaître les contre-indications au jeûne, cliquez ici.

La curiosité est votre raison première ? C’est une raison tout aussi valable…
« Le désir de connaitre le pourquoi et le comment est appelé curiosité. »  Thomas Hobbes, philosophe.

Vous connaissez les pourquoi, reste à explorer les comment… Ce sera pour un prochain article.

En attendant je vous souhaite d’être à l’écoute de votre corps et de lui laisser judicieusement des temps de jeûne, ne serait-ce que le temps d’un repas, un jour où vous n’auriez vraiment pas faim… Il vous en remerciera !

Mélanie Mordogan, naturopathe.

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