Jeûner sur un coup de tête…

Vous vous sentez fatigué.e, voire épuisé.e ? Vous êtes en surpoids, avec une impression de lourdeur digestive et physique ? Vous savez que votre alimentation est loin d’être équilibrée et vous voulez y remédier une bonne fois pour toute ?
Alors, vous avez décidé de jeûner : une solution rapide et efficace.

Oui, le jeûne peut apparaître comme une démarche judicieuse, mais avant de vous lancer, ATTENTION à …!

Ne pas avoir de pathologie lourde

Avant de vous lancer dans un jeûne, vérifiez que votre état de santé vous le permet en évoquant votre projet avec votre médecin traitant. Si vous souffrez d’une pathologie, vous devez pouvoir fournir un certificat médical au centre du jeûne qui vous accueille, attestant que votre santé ne montre aucune contre-indication à la pratique du jeûne sur une certaine durée (3 jours, 7 jours ou 14 jours).

Voici une liste des pathologies qui sont des contre-indications au jeûne :

  • phobie du jeûne
  • anorexie
  • affections cardio-vasculaires avancées
  • diabète de type 1
  • épilepsie
  • insuffisance rénale ou hépatique
  • autre pathologie lourde (cancer, Alzheimer, sclérose en plaque…)
  • antécédent de décollement de rétine
  • ulcère à l’estomac
  • hyperthyroïdie décompensée
  • dépendance à l’alcool ou drogue
  • traitement médicamenteux important
  • psychose
  • grossesse ou allaitement

Avoir une force vitale suffisante 

« La force vitale », terme utilisé en naturopathie désigne notre énergie de vie.
Elle n’est ni palpable, ni quantifiable, mais sans elle, la vie ne serait pas. 
Elle est appelée « chi » en médecine chinoise, « prana » en Inde…

Lorsque le corps est en santé, cette énergie est à un niveau suffisant et assure le bon fonctionnement de l’organisme : les organes sont opérationnels et les cellules assurent leur fonction en assimilant les nutriments et en se débarrassant des déchets. 
Si vous éprouvez le besoin de jeûner c’est certainement parce que votre corps a un surplus de ces déchets stocké dans ses liquides (sang, lymphe, liquide intra et extra-cellulaire) et/ou dans ses tissus.
Et il est vrai que lorsque nous jeûnons, le corps en profite pour se détoxifier et justement remettre en circulation toutes ces toxines accumulées, pour les évacuer.

Mais deux conditions sont nécessaires pour que ce processus soit efficace :

  • Il faut que l’énergie disponible soit suffisante afin que les toxines remises en circulation soient évacuées par les portes de sorties de l’organisme : les reins, l’intestin, la peau, les poumons.
  • Il faut également, en toute logique, que ces portes de sortie soient efficientes et ne soient pas en difficulté (insuffisance rénale par exemple…).

Le jeûne entame l’expulsion du surplus toxique, encore faut-il que ce processus aille jusqu’au bout avec une force vitale suffisante et centrifuge (de l’intérieur vers l’extérieur) et avec des émonctoires (ou portes de sorties) ouvertes et fonctionnelles.
Pour sortir les poubelles, vous devez avoir la force de porter votre sac jusqu’au container et celui-ci ne doit pas être verrouillé !

Vous comprenez pourquoi il ne faut jamais entreprendre un jeûne lorsque l’on est épuisé. Le corps ne pourrait tout simplement pas l’assumer, l’énergie d’élimination serait cette fois centripète, enfermant les toxines plus profondément dans l’organisme. Vous n’obtiendrez pas les résultats recherchés avec des toxines toujours présentes et une énergie diminuée davantage par leur présence.

Dans ce cas, attendez d’être plus reposé.e ou consultez un.e naturopathe qui vous proposera une cure de revitalisation.

Alain Rousseau, docteur en naturopathie, écrit dans la préface du livre « Le miracle du jeûne » :
« Cependant, si le jeûne apparaît comme le procédé idéal pour laisser l’organisme agir positivement, le sujet doit détenir une énergie suffisante pour mettre en oeuvre le processus de détoxination. (…)
L’expérience montre que le jeûne est rarement envisagé en première intention. Les régimes restrictifs et les monodiètes représentent des moyens, généralement plus ajustés à l’estimation de la réserve vitale. Ils précèdent souvent le jeûne qui deviendra, après plusieurs cures, le point final de la détoxination avec réparation des tissus et réharmonisation des fonctions physiologiques, c’est à dire : restitution de la santé.»

Ne pas passer du « trop » au rien

Considérant le processus de détoxication expliqué ci-dessus, il est donc indispensable, non seulement d’avoir une énergie suffisante, mais aussi de ne pas avoir une toxémie (niveau de toxines dans l’organisme) trop élevée. 
Si tel est le cas, la crise curative déclenchée par le processus de nettoyage du jeûne sera plus forte et difficile à vivre (douleurs, maux de tête…).

C’est pourquoi il faut aborder le jeûne avec un minimum d’anticipation :

  • en allant voir un.e naturopathe 1 à 2 mois avant le séjour de jeûne, qui proposera un rééquilibrage alimentaire afin d’entamer une détox douce,
  • en respectant les recommandations du centre du jeûne qui vous accueille sur la descente alimentaire préconisée une semaine avant le début du jeûne. Et cela afin justement ne pas passer du tout au rien, afin d’adoucir l’entrée dans le jeûne. 

Une jeûneuse du Centre du jeûne a d’ailleurs bien décrit l’importance de cette étape qu’elle a appelé « le secret de la réussite ». Voici son témoignage :
« (…) Se lancer une 1ère fois dans l’expérimentation du jeûne permet de comprendre que le mécanisme de suppression de l’alimentation est aisément atteignable, gérable, sans tension, sans frustration, sans contrainte.
Pourquoi ?
L’étape qui précède la période de jeûne est fondamentale, elle est une étape de transition entre nos habitudes alimentaires et le 1er jour du jeûne, essentielle dans le « déformatage » de nos reflex alimentaires. La respecter dans son intégralité et dans la progression des étapes de retrait des familles d’aliments de mes repas a été pour moi  « le secret » de la réussite de l’expérience du jeûne.
Cette période préalable est peu documentée, passée sous silence la plupart du temps dans les descriptions qui sont faites du jeûne. Or, cette phase, en ce qui me concerne, m’a amenée doucement, sans manque, sans tension, sans regret au démarrage du jeûne. Le 2ème secret est de préparer ces 8 jours de « descente alimentaire » en prenant le temps de faire les courses ( et oui ! ) qui vont bien pour toute la semaine. (…) »

Etre prêt.e psychologiquement

Aborder l’absence de nourriture de façon consciente et sereine est une clé importante de la réussite de la cure de jeûne. 
Il peut être normal d’appréhender de jeûner mais il ne faut en aucun cas se lancer dans l’aventure si l’on a une phobie du jeûne.
Même si l’envie de jeûner vous apparait comme une urgence, il est important de vous renseigner au préalable, d’en parler avec votre entourage, votre médecin… 
Plus on entre dans un jeûne confiant.e et détendu.e, plus l’expérience est bénéfique.
Il faut aussi être décidé.e à faire une vraie coupure avec son quotidien, avec son activité professionnelle… Accepter de faire une pause et de se retrouver face à soi-même.

« Si nous savions mieux écouter nous serions plus heureux. Ecouter les autres, bien sûr, mais aussi tout bêtement, nous écouter nous-même, écouter notre corps.
Si nous écoutions mieux notre corps, la leçon serait vraiment comprise : il nous dit tout, nous explique tout, nous met sur tous les bons chemins… » – Christophe André et Anne Ducrocq, Méditations sur la vie, Gründ, 2016.

Et si vous ressentez que ce n’est pas le moment, patientez ! 
Vous pouvez adopter une alimentation hypotoxique ou bien faire une monodiète, et réserver le jeûne pour un temps ultérieur, lorsque vous serez réellement prêt.e.

Etre prêt.e à changer son alimentation 

Tout comme il est nécessaire de modifier son alimentation avant d’entrer dans le jeûne, il est aussi indispensable de le faire la semaine qui suit le jeûne.
Mais mieux encore, pourquoi ne pas utiliser ce nouveau départ pour changer quelques mauvaises habitudes alimentaires qui nuisent à votre santé ?
Pour que les bénéfices du jeûne soient prolongés, il est important d’adopter a postériori une alimentation frugale, saine et équilibrée, remplie de micro-nutriments.
Au Centre du Jeûne, cette éducation à une nouvelle assiette vous est proposée à travers des conférences sur l’alimentation et la compréhension du fonctionnement de votre organisme.
C’est en prenant conscience de comment vos habitudes profitent (ou non) à votre santé, que vous pouvez agir, chaque jour, pour la préserver, et retrouver votre pleine vitalité.

Les jeûneuses du Centre du Jeûne témoignent de l’importance de cette prise de conscience lors de leur séjour :
« (…) Aujourd’hui je choisis des aliments «  qui font du bien à mon corps », le contenu de mes repas s’est modifié aisément, avec l’envie de manger non pas seulement de bonnes choses mais des aliments qui nourrissent avec efficience mon corps et donc m’apportent du bien être. »

« Je viens de vivre un grand moment de détente et de découvertes, que j’appelle « la mécanique des corps ».

« C’était passionnant d’apprendre autant de choses sur la santé au naturel, je repars avec des tas d’outils qui m’aideront dans mon changement d’habitudes. Car oui, ce séjour m’a donné l’envie de prendre « vraiment  » soin de moi et de changer ma façon de manger. Ce jeûne était pour moi indispensable ! »

Vous êtes prêt.e ?

On ne se lance pas dans un jeûne sur un coup de tête sans un minimum de précautions, de vérifications et de préparation au préalable.
Si vous n’avez aucune contre-indication, un minimum d’énergie et l’envie de prendre soin de vous, alors foncez !  (consultez notre article : « Pourquoi jeûner ?)

Vous pourrez ensuite nourrir votre corps avec la conscience de lui faire du bien et de participer activement au maintien de sa santé et sa vitalité. 

Le bien-être sera tel que vous ne pourrez plus revenir en arrière… parole de naturopathe ! 

Mélanie Mordogan, naturopathe.

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